Exposition

Claude Lepoitevin
Paysage

Exposition du 9 au 24 septembre 2005
du mardi au samedi de 14 h à 19 h
Vernissage jeudi 8 septembre 2005 de 18 à 21 heures

 

Minéral, végétal... tellurique sans doute. Dans cette équivoque, la dernière production de Claude Lepoitevin s'impose comme une entité qui tire ses frontières aux confins de la surface. Fond et forme s'affrontent pour déborder leurs limites, provoquant une échelle envahissante. Signe ou tache, ici la peinture expose sa propre repréentation : un paysage de la peinture.
Depuis longtemps, le paysage hante l'oeuvre de Claude Lepoitevin ; en osmose avec son savoir-faire technique maîtrisé - teinture/acryl qui lui est propre - et l'émergence du projet formel.
Il y a aussi l'environnement personnel du peintre : de grands arbres qui s'alignent en larges courbes que son oeil, peut être, aura préférés dans le contre-jour du crépuscule.

Les glacis nappés en liberté allongent un vert profond, marqué - du gris/brun au noir - par les cernes et les taches internes des réserves. Ces sombres fraîcheurs développent des arrondis tendus, penchés, qui évoquent peut-être la roche - en formes assaillantes à la Goya - le nuage d'orage, ou l'ombrage lourd des feuillages. Roche, nuage, arbre peuvent aussi bien être vus tant ces formes prégnantes sont riches d'évocations.
On peut les dire angoissantes ou paisibles, ces peintures qui forcent une étrange profondeur dans la planéité.
Il s'agit toujours pour Claude Lepoitevin d'un façonnage libre et précis, proche d'un rituel d'artisan. A chaque objet pictural - non pas série, mais famille de tableaux - il travaille la redite obstinée du propos, qu'il explore sans le répéter. Il est, à chaque expérience, dans cette conjoncture où il impose un cadre toujours plus étroit à l'expression de son sujet, en laissant l'indeterminé toumer au plus près d'une vision-désir. C'est dire que c'est au coeur de son paysage mental qu'il nous invite, en un lieu de (la) peinture.

Michel Garachon
Juin 2005