Artiste
Kaija Saariaho
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Née en Finlande en 1952, Kaija Saariaho vit et travaille à Paris depuis 1982. Elle étudie la composition avec P. Heininen à l'Académie Sibelius puis est diplômée de la Musikhochschule de Fribourg-en-Brisgau en 1983, après y avoir étudié avec B. Ferneyhough et K. Huber. En 1982, elle étudie la musique assistée par ordinateur à l'Ircam. Depuis, cet outil demeure un élément essentiel de sa technique de composition. Elle reçoit de nombreux prix, notamment le Prix Kranichsteiner de Darmstadt en 1986, le Prix Italia 1988 pour Stilleben, le Prix Ars Electronica en 1989 pour Stilleben et Io, le Prix musical du Conseil du Nord pour Lonh et le Stoeger Award du Chamber Music Society of Lincoln Center (pour sa contribution exceptionnelle à la musique de chambre) en 2000, le Prix Rolf Schock et le Prix Kaske en 2001. Ses dernières compositions sont Graal théâtre, concerto pour violon, Château de l'âme, cycle de chants orchestral, Lonh pour soprano et électronique, et Oltra Mar pour grand orchestre et chœur mixte. Le Prix de composition Grawemeyer lui est attribué en 2003 pour son premier opéra, L’Amour de loin. Elle présente en mars 2006 à l’Opéra Bastille en création mondiale son second opéra : Adriana Mater, opéra en deux actes de trois tableaux chacun, qui renouvelle sa collaboration avec l’écrivain Amin Maalouf.
"Adriana Mater se passe dans un pays en guerre. Aucun n’est désigné nommément, mais il n’est pas interdit de songer, en guise de référence mentale, à telle ou telle province balkanique dans les dernières années du siècle révolu. Adriana, une jeune femme joviale et passionnée, est victime d’un viol. Son agresseur n’est pas un combattant ennemi, c’est un homme de sa propre communauté. L'enfant à naître porte deux sangs, celui d'une victime et celui du bourreau, et Adriana se demande avec angoisse s'il sera Abel ou Caïn. Cette inquiétude la poursuivra tout au long de sa grossesse puis pendant l’enfance de son fils qu'elle prénommera Yonas. L'heure de vérité sonnera lorsque celui-ci, devenu jeune homme, apprendra que son père, l’agresseur de sa mère, qui avait fui le pays, à la fin de la guerre, est de retour." |